Bandar Seri Begawan, Brunei : le village sur l'eau, les mosquées et la forêt
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
Kampong Ayer
Les deux grandes mosquées
La forêt d'Ulu Temburong
Les nasiques
Ambuyat et marchés de nuit
La rivière
Histoire
Culture
Infos pratiques
L'expression traîne dans les récits depuis le XVIe siècle et, comme toutes les « Venise de » quelque chose, elle a fini par ne plus rien signifier. Elle mérite pourtant d'être reprise ici, à condition de la retourner : Kampong Ayer, le village sur pilotis qui fait face à la capitale de Brunei, est encore intégralement habité. Des milliers de personnes y vivent, y élèvent leurs enfants, y vont à l'école et au dispensaire, et une caserne de pompiers à bateaux y assure le service — c'est-à-dire l'exact contraire de ce que le mot « Venise » évoque aujourd'hui à un lecteur européen, celui d'une ville d'eau qui perd ses résidents. Ce n'est pas une survivance pittoresque mais un quartier ordinaire, relié par des kilomètres de passerelles, desservi par une flottille de barques à moteur qui traversent la rivière en deux minutes pour le prix d'un ticket de bus. Sur la rive ferme, la ville est petite, basse, méticuleusement tenue, très verte et très chaude, avec deux mosquées immenses pour repères, un bon musée des regalia et quelques marchés de nuit. Brunei n'a jamais construit d'industrie touristique de masse, n'en ayant pas eu besoin, et il en résulte une capitale sans foule et un peu solennelle. Ce qui récompense un séjour plus long se trouve au-delà : on est à Bornéo, et les forêts du sultanat comptent parmi les mieux conservées de l'île — nasiques dans la mangrove à une demi-heure du centre, forêt primaire et passerelle de canopée à deux heures de route à l'est.
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Kampong Ayer : un village sur l'eau, et qui y vit
Le village mérite mieux qu'un passage en bateau. Kampong Ayer est un ensemble de hameaux bâtis sur pilotis au-dessus de la rivière soumise aux marées, reliés par des kilomètres de passerelles de bois et de béton, habité sans interruption depuis des siècles — les premiers visiteurs européens y virent une ville sur l'eau, et la comparaison vénitienne lui colle depuis. Il fonctionne comme une banlieue ordinaire : mosquées, écoles primaires, dispensaires, une caserne de pompiers avec ses propres embarcations, commerces, et des maisons allant du modeste au cossu, beaucoup avec paraboles et voitures garées sur l'autre rive. La traversée fait la moitié du plaisir : de petites barques à moteur hors-bord, les penambang, travaillent la rivière en continu ; on se poste aux marches du quai, l'une vient, et la traversée prend deux minutes pour une somme dérisoire. Une fois de l'autre côté, parcourez les passerelles — elles sont publiques, les habitants sont habitués aux visiteurs, et l'usage tient en deux règles : rester discret et ne pas photographier à l'intérieur des maisons. La galerie culturelle du village en raconte l'histoire, et la vue en retour sur la mosquée et la rive moderne est l'image que tout le monde vient chercher.
Deux mosquées, et comment les visiter correctement
La silhouette de la capitale appartient à deux mosquées, très différentes l'une de l'autre. La plus ancienne, Omar Ali Saifuddien, se dresse au bord de la rivière dans une lagune artificielle, dôme doré et marbre blanc reflétés dans l'eau, avec la réplique d'une barge royale du XVIe siècle amarrée en guise d'estrade cérémonielle : c'est la construction la plus photographiée du pays, et elle donne son meilleur illuminée, la nuit tombée. La plus récente et la plus vaste, Jame' Asr Hassanil Bolkiah, occupe l'intérieur des terres et porte vingt-neuf dômes dorés sur un immense enclos à fontaines et terrasses. Les deux accueillent les visiteurs non musulmans hors des heures de prière, et bien faire est simple : tenue couvrant bras et jambes, chaussures retirées, robes fournies à l'entrée pour qui en a besoin, photographie généralement admise à l'extérieur et restreinte dans les salles de prière. Les créneaux de visite sont limités et s'interrompent plusieurs fois par jour, et les deux ferment aux visiteurs le vendredi pour la grande prière : vérifiez avant de partir. Entre elles s'étend le vieux centre, où le musée des regalia expose objets de cérémonie, présents d'État et un cortège reconstitué.
Ulu Temburong : forêt primaire et passerelle de canopée
Les forêts de Brunei sont les mieux conservées de Bornéo, largement parce que l'économie du pays n'a jamais reposé sur leur défrichement, et la vitrine en est le parc national d'Ulu Temburong, dans le district oriental. Y accéder supposait naguère un bateau à travers la baie puis une longue pirogue remontant des rapides peu profonds ; un long pont enjambe désormais la baie et ramène le trajet à une heure de route environ, l'approche finale se faisant toujours en pirogue étroite, poussée à la perche et au moteur sur une rivière claire et caillouteuse — de loin le meilleur moment. Le parc lui-même est une forêt primaire de diptérocarpes de plaine et de collines — arbres énormes à contreforts, canopée dense, sangsues après la pluie — et sa pièce maîtresse est une tour d'acier prolongée d'une passerelle suspendue dans la canopée, que l'on gagne par une longue montée d'escaliers plaqués contre la pente. Du sommet, on domine la cime des arbres jusqu'aux collines, avec calaos et gibbons audibles et parfois visibles au petit matin. L'accès est encadré et suppose en pratique un opérateur ; la formule standard est une longue journée depuis la capitale, ou une nuit au lodge — nettement préférable, la forêt donnant son maximum à l'aube.
Les nasiques, à une demi-heure du centre
Nul besoin de quitter les abords de la capitale pour voir la faune emblématique de Bornéo. Les chenaux de mangrove et les îles fluviales qui entourent immédiatement Bandar Seri Begawan abritent une population saine de nasiques — ces grands singes folivores au ventre rond et au nez invraisemblable, présents nulle part ailleurs qu'à Bornéo — et des opérateurs proposent depuis le quai de courtes croisières animalières en fin d'après-midi, quand les animaux descendent au bord de l'eau pour se nourrir puis s'installer pour la nuit. Les mêmes sorties montrent en général macaques crabiers, varans, martins-pêcheurs, pygargues et, les bons soirs, des crocodiles marins ; certaines se prolongent après la tombée du jour jusqu'à une portion de mangrove où des lucioles synchrones illuminent les arbres. Une à deux heures, au départ du centre-ville, et c'est la sortie au meilleur rapport de tout le pays. La rivière donne aussi l'accès à l'ancien mausolée royal et aux villages des berges. Emportez un téléobjectif si vous en avez un, du répulsif dans tous les cas, et attendez-vous à être un peu mouillé.
L'ambuyat, les marchés de nuit, et ce qui ne se sert pas
Le plat national est l'ambuyat, et le manger relève de l'expérience plus que du repas : un amidon translucide et gluant tiré du sagoutier, servi en bol commun, sans saveur propre, que l'on prélève en enroulant une fourchette de bambou à deux dents, que l'on trempe dans une sauce acidulée et dans un assortiment d'accompagnements — poisson grillé, jeunes pousses de fougère, sambals — et que l'on avale sans mâcher. Cela se partage, cela dure, et c'est ce qu'il faut chercher. Autour, la cuisine quotidienne est malaise : le nasi katok, simplement du riz avec du poulet frit et du sambal enveloppés dans du papier, vendu pour presque rien à toute heure ; des nouilles ; des satay ; et d'excellents fruits tropicaux. Le marché de nuit de Gadong est l'endroit où grignoter le soir. Un point pratique à connaître avant d'arriver : Brunei ne vend pas d'alcool. Les visiteurs non musulmans peuvent en importer une quantité personnelle limitée, à déclarer à l'entrée, et il n'y a de service nulle part ; les restaurants proposent jus, thé et boissons sans alcool. Le savoir d'avance fait toute la différence entre une surprise et un non-sujet.
Monnaie, déplacements et année équatoriale
L'aéroport international de Brunei (BWN) se trouve à courte distance du centre, avec des liaisons régionales dans toute l'Asie du Sud-Est et au-delà. Se déplacer une fois sur place est la seule vraie difficulté : les transports collectifs sont maigres, les taxis rares et chers, la couverture des applications limitée — la plupart des visiteurs louent donc une voiture, la conduite se faisant à GAUCHE sur des routes excellentes et vides, avec de courtes distances. Les barques assurent la rivière. Côté monnaie, le dollar de Brunei est tenu à parité avec le dollar de Singapour au titre d'un arrangement ancien, et les billets singapouriens circulent ici indifféremment à leur valeur faciale, ce qui surprend ; les cartes passent largement. Côté saison, on est à Bornéo, sous l'équateur : chaud, humide et vert toute l'année, sans véritable saison sèche, la pluie restant possible chaque mois et plus probable pendant la mousson de fin d'année, avec des températures qui ne bougent guère. De janvier à mai, c'est marginalement plus sec et c'est la recommandation habituelle ; mais la règle utile consiste plutôt à partir tôt, à emporter de l'eau et à considérer l'averse de l'après-midi comme un élément de la journée plutôt que comme une contrariété.
Kampong Ayer est-il un musée ou un vrai village ?
Un vrai village. Des milliers de personnes vivent dans ces maisons sur pilotis, avec leurs mosquées, leurs écoles, leurs dispensaires et une caserne de pompiers dotée de bateaux, et les habitants traversent chaque jour en barque. Les visiteurs sont bienvenus sur les passerelles publiques : rester discret, et ne pas photographier à l'intérieur des maisons.
Peut-on visiter les mosquées ?
Oui, hors des heures de prière. Tenue couvrant bras et jambes, chaussures retirées, robes fournies à l'entrée si besoin. La photographie est généralement admise à l'extérieur et restreinte dans les salles de prière. Les créneaux s'interrompent plusieurs fois par jour et les deux mosquées ferment aux visiteurs le vendredi.
Trouve-t-on de l'alcool à Brunei ?
Non : il n'en est vendu nulle part dans le pays, et il n'y a de service ni dans les restaurants ni dans les hôtels. Les visiteurs non musulmans peuvent en importer une quantité personnelle limitée, à déclarer à l'arrivée. Le savoir d'avance transforme la surprise en non-sujet.
Comment se rendre à Ulu Temburong ?
Par un opérateur, l'accès au parc étant encadré. Un long pont sur la baie met désormais le district oriental à une heure de route environ, l'approche finale se faisant toujours en pirogue étroite sur une rivière peu profonde. Dormez sur place si vous le pouvez : la forêt est la plus active à l'aube, et c'est le meilleur moment pour la passerelle.
Faut-il louer une voiture ?
La plupart des visiteurs le font. Les transports collectifs sont maigres, les taxis rares et chers, la couverture des applications limitée, tandis que les routes sont excellentes, vides et les distances courtes. On conduit à gauche. En ville, la barque assure la traversée vers le village pour une somme dérisoire.
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