Zagreb, Croatie : les deux villes hautes, le marché Dolac et le café

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

CroatieZagreb

Aperçu

Zagreb est la capitale que l'on saute en filant vers l'Adriatique — et c'est précisément pour cela qu'elle appartient encore à ceux qui l'habitent.

Les deux villes hautes

Le toit armorié de Saint-Marc, la chapelle de la Porte de pierre, les flèches de la cathédrale en restauration, et le funiculaire qui relie la ville basse à la ville haute en moins d'une minute.

Le marché Dolac

La terrasse de parasols rouges au-dessus de la grand-place et la halle couverte en dessous — un marché qui nourrit la ville, à son meilleur le matin.

La culture du café

Le café comme institution sociale plus que comme boisson, et le tour des terrasses du samedi en fin de matinée, rituel local qui porte son propre nom.

Art naïf et musées singuliers

L'école croate d'art naïf — la catégorie du Douanier Rousseau, en version nationale — le Musée des relations rompues, le Mimara, et les arcades de Mirogoj pour l'architecture.

Parcs et Medvednica

La forêt composée de Maksimir et son zoo, le lac et la plage de Jarun, et la croupe boisée du nord avec sentiers, forteresse et petite piste de ski.

L'Avent à Zagreb

Décembre transforme la ceinture de squares en un parcours continu d'échoppes, de nourriture et de musique — plusieurs fois élu meilleur marché de Noël d'Europe.

Histoire

Zagreb s'est formée en deux bourgs fortifiés distincts sur des collines voisines — Gradec, ville libre de marchands, et Kaptol, autour de la cathédrale — séparés par un ruisseau au fond du vallon, et réunis en une seule ville seulement en 1850. Le XIXe siècle a ensuite ajouté, sur la plaine en contrebas, une Ville basse planifiée autour d'un fer à cheval de squares et d'édifices publics qui définit encore le centre actuel.

Culture

Cuisine continentale sans une trace d'Adriatique : le štrukli — pâte fine et fromage frais, gratiné ou poché — est le plat de la ville, à côté des grillades, du poisson d'eau douce, des strudels et d'une pâtisserie substantielle. La culture du café est une institution, et le marché est le bon point de départ. Festivals : L'Avent à Zagreb (décembre), INmusic, sur le lac de Jarun (été), Animafest, festival du film d'animation. Musées : Musée croate d'art naïf, Musée des relations rompues, Musée Mimara, Musée d'art contemporain, Musée archéologique.

Infos pratiques

Sécurité : Capitale calme et facile, avec la vigilance ordinaire des grandes villes autour de la place centrale et des gares le soir. Les ruelles de la ville haute sont pentues et pavées. Les travaux de restauration de la cathédrale et de plusieurs bâtiments anciens signifient échafaudages et fermetures ponctuelles dans le cœur historique. Langue : Croate. L'anglais est largement parlé par les jeunes générations et dans l'hôtellerie ; l'allemand et l'italien sont des secondes langues courantes, le français beaucoup moins. Monnaie : Euro. Les cartes passent presque partout, y compris dans les trams et les kiosques ; les étals du marché préfèrent les espèces.
Aperçu voyage

Deux choses à poser d'entrée, parce qu'elles évitent le malentendu le plus courant. La première : la Croatie que connaît ce lectorat — Dubrovnik, Split, les îles — n'a rien à voir avec Zagreb, qui est une ville d'Europe centrale, parente de Vienne et de Budapest, sans une once de mer et sans cuisine côtière. La seconde : la ville a commencé comme deux villes. Deux collines dominent la plaine de la Save, chacune portant son bourg fortifié — Gradec, la ville des marchands, et Kaptol, celle de la cathédrale — séparés par un ruisseau au fond du vallon. Leur union ne date que de 1850 ; le ruisseau a été couvert et est devenu une rue, si bien que la vieille ville a deux moitiés et une couture entre elles. En contrebas, le XIXe siècle a tracé tout autre chose : une Ville basse régulière, organisée autour d'un fer à cheval de squares plantés dont chacun porte un musée, un pavillon ou un jardin botanique — l'idée de capitale composée que l'on lit ailleurs chez Haussmann, appliquée ici à échelle réduite et remarquablement conservée. La visite se partage donc d'elle-même : en haut, un plan médiéval compact, l'église Saint-Marc et son toit de tuiles vernissées aux armes de la ville, un funiculaire parmi les plus courts du monde ; en bas, le plat, le vert et les musées. Entre les deux, le marché Dolac, sur sa terrasse au-dessus de la grand-place, vaut la meilleure heure du séjour.

Découvrir Zagreb

Gradec et Kaptol : pourquoi la vieille ville a deux moitiés

La cité médiévale n'était pas une agglomération mais deux, sur des collines voisines, et cette disposition commande encore tout ce qui se trouve au-dessus de la grand-place. Gradec était le bourg libre des marchands et des artisans ; Kaptol s'est formé autour de la cathédrale. Un ruisseau coulait dans le vallon qui les sépare, et lorsque les deux entités ont enfin été réunies en une seule ville, en 1850, le cours d'eau a été couvert pour devenir la rue qui court aujourd'hui entre les collines. Il suffit de la remonter pour lire l'ensemble : côté Kaptol, les deux flèches de la cathédrale écrasent tout, actuellement prises dans des travaux de restauration qui feront partie du paysage un bon moment encore ; côté Gradec, on grimpe dans un lacis de rues basses autour de l'église Saint-Marc, dont le toit pentu porte, en tuiles vernissées, les armes de la ville et du royaume — l'objet le plus photographié de Zagreb. Entre les deux subsiste la Porte de pierre, ancienne porte de ville transformée en chapelle où les gens s'arrêtent toute la journée. On monte par le funiculaire, qui avale la pente en moins d'une minute et revendique le titre de plus court funiculaire public du monde.

La Ville basse : une capitale composée au XIXe siècle

Au sud des collines, Zagreb ne s'est pas étalée : elle a été dessinée. Le XIXe siècle y a enchaîné une suite de squares plantés reliés en fer à cheval, chacun doté d'un édifice public — l'Académie, le Pavillon des arts dans son enveloppe ocre, le Musée archéologique, le jardin botanique qui ferme la boucle par le bas. C'est l'idée haussmannienne de la capitale composée, transposée à une échelle bien plus modeste et, du coup, restée lisible d'un bout à l'autre : percées régulières, immeubles bas, façades jaunes et crème, fontaines et bancs dont la ville se sert réellement. Deux conséquences pratiques. La plupart des musées se trouvent dans ce périmètre, ce qui rend un jour de pluie sans gravité. Et le centre est plat et intelligible : presque tout ce qui mérite le détour tient dans un rayon de vingt minutes à pied autour de la grand-place, ce qui fait de Zagreb une capitale exceptionnellement peu fatigante à parcourir.

Dolac, le štrukli et le rituel du café

Le marché Dolac occupe une terrasse surélevée juste au-dessus de la grand-place, et c'est par là qu'il faut commencer. Le niveau supérieur est en plein air, sous un champ de parasols rouges, et vend fruits, légumes et fleurs de la campagne environnante ; en dessous, une halle couverte abrite bouchers, crémiers et poissonniers. C'est un marché qui approvisionne la ville et non une vitrine patrimoniale : plein le matin, largement terminé en début d'après-midi. Mangez ce que mange la région, qui est continentale et ignore la mer : le štrukli avant tout, feuilles de pâte fine au fromage frais, soit gratinées à la crème jusqu'à ce que le dessus cloque, soit pochées et servies en bouillon — le plat sur lequel Zagreb se disputera le plus volontiers. Vient ensuite le café, qui est ici une institution sociale plus qu'une boisson. Le tour des terrasses de la Ville basse, le samedi en fin de matinée — habillé, sans hâte, et durant des heures sur une seule tasse — porte un nom local et constitue le moyen le plus rapide de comprendre le rythme de la ville.

L'art naïf, et les musées que Zagreb seule pouvait avoir

Un lectorat francophone tient déjà la clé du musée le plus intéressant de la ville : l'art naïf, catégorie que Le Douanier Rousseau a installée dans la culture générale. La Croatie a produit une école entière de peintres autodidactes, travaillant souvent à l'huile sous verre, scènes de village d'une densité et d'une couleur immédiatement reconnaissables — le Musée croate d'art naïf les rassemble, et l'on n'en verra nulle part ailleurs une telle concentration. À côté de cela, Zagreb aligne des institutions franchement singulières. Le Musée des relations rompues est le plus célèbre et mérite sa réputation : une collection permanente d'objets ordinaires donnés par des anonymes du monde entier, chacun accompagné d'une note écrite par le donateur sur la relation à laquelle il a survécu. Cela sonne comme une idée maligne ; c'est en réalité bouleversant, et le projet est né d'une exposition itinérante avant de se fixer. Le Mimara conserve un grand ensemble d'art européen, et le Musée d'art contemporain occupe, de l'autre côté de la Save, un bâtiment traversé par un toboggan. Au nord, Mirogoj se visite pour l'architecture seule : de longues galeries à arcades sous des coupoles vertes, œuvre de l'architecte qui a façonné une grande part du Zagreb du XIXe siècle, et l'un des plus beaux espaces bâtis du pays.

Zagreb au vert : Maksimir, les lacs et la montagne

Pour une capitale, Zagreb sort très facilement de ses murs. Maksimir est le grand parc de l'est — l'un des premiers parcs publics aménagés dans cette partie de l'Europe, plus forêt composée que pelouse, avec lacs, prairies, fabriques et le zoo à l'intérieur ; le dimanche, la ville y est. À l'ouest, Jarun est un lac doté d'une plage, d'un bassin d'aviron et d'une ceinture de bars : la réponse des soirées d'été pour qui ne peut pas descendre à la mer. Et juste au nord se dresse la Medvednica, croupe boisée dont on gagne les hauteurs par la route, par le téléphérique ou à pied, avec des sentiers balisés, une forteresse médiévale à mi-pente et une modeste piste de ski quand l'hiver s'y prête. Que la capitale ait une montagne au bout d'une ligne de tram est le premier fait que les habitants citeront, et cela change ce qu'un week-end peut contenir : une matinée de musée et un après-midi en forêt tiennent parfaitement ensemble.

Trams, saisons, l'Avent, et la question de la côte

L'aéroport de Zagreb (ZAG) se trouve au sud-est, relié au centre par une navette simple. Le train et l'autocar desservent Ljubljana, Budapest, Vienne et Belgrade, et les bus atteignent l'Adriatique en deux à quatre heures selon la destination : Zagreb est une première ou une dernière étape naturelle d'un voyage croate, non un détour. Sur place, le réseau de tramway est dense et c'est ainsi que la ville se déplace, même si le centre se fait à pied. Côté saisons, la ville donne son meilleur à la fin du printemps et au début de l'automne ; l'été y est chaud et curieusement vide, puisque les visiteurs de la Croatie sont tous sur la côte ; et l'hiver est froid — c'est aussi la saison de ce pour quoi Zagreb est désormais connue. L'Avent transforme en décembre le fer à cheval de squares en un enchaînement continu d'échoppes, de nourriture et de musique, et a été plusieurs fois désigné meilleur marché de Noël d'Europe : si vous choisissez vos dates, c'est un vrai argument pour venir en hiver. Une attente à corriger : il n'y a pas de mer ici, et l'aller-retour à la côte fait une longue journée.

Questions fréquemment posées

Zagreb vaut-elle une étape en allant vers la côte ?

Oui, et deux nuits sont la bonne durée. C'est une capitale d'Europe centrale et non une ville adriatique : deux bourgs médiévaux réunis, un quartier de squares planifié au XIXe siècle, de bons musées et une vraie culture du café. À aborder comme un autre type de lieu, pas comme une version moindre de la côte.

Pourquoi Zagreb a-t-elle deux villes hautes ?

Parce qu'elle était deux villes. Gradec, bourg libre de marchands, et Kaptol, cité de la cathédrale, occupaient des collines voisines séparées par un ruisseau. Leur union en une seule ville date de 1850 ; le ruisseau a été couvert et est devenu la rue qui court encore entre les deux moitiés.

Que faut-il manger à Zagreb ?

Le štrukli — pâte fine et fromage frais, gratiné à la crème ou poché en bouillon — est le plat propre à la ville, celui dont on débat. Pour le reste, la cuisine est continentale : grillades, poisson d'eau douce, strudels et pâtisseries. Commencez par le marché Dolac, le matin.

Quelle est la meilleure période ?

La fin du printemps et le début de l'automne, pour le climat et les terrasses. Le plein été est chaud et étrangement calme, les visiteurs de la Croatie étant tous sur la côte. Décembre se défend seul : l'Avent investit les squares de la Ville basse et a été plusieurs fois classé meilleur marché de Noël d'Europe.

Peut-on gagner facilement la montagne ou un lac ?

Très facilement. La Medvednica, croupe boisée juste au nord, se rejoint au bout d'une ligne de tram et offre sentiers balisés, forteresse médiévale et une petite piste de ski. Le lac de Jarun, à l'ouest, a plage et bars ; le parc Maksimir, à l'est, est une forêt composée avec le zoo à l'intérieur.

Missions diplomatiques à Zagreb

3 missions dans cette ville, regroupées par région.