Moscou, Russie : la place Rouge, les palais du métro et les grands musées
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
L'architecture du métro
Le Kremlin et la place Rouge
Musées et icônes
Table russe et géorgienne
Culture
Infos pratiques
Paris a construit son métro comme une infrastructure, Moscou a construit le sien comme une enfilade de salles de réception : lustres, marbres, plafonds de mosaïque et bronzes sous les arcades. C'est la comparaison que tout lecteur francophone a déjà en tête en arrivant, et c'est la meilleure porte d'entrée dans une ville dont l'échelle déroute — boulevards d'une douzaine de voies, places grandes comme des parcs, distances telles que le métro n'est pas un confort mais le seul moyen raisonnable de circuler. Au centre se tient le Kremlin, que l'on imagine comme un bâtiment et qui est en réalité une enceinte triangulaire fortifiée renfermant une place de cathédrales blanches à coupoles d'or et d'argent, un clocher, et l'Armurerie — collection de regalia, de carrosses, d'armes d'apparat et d'orfèvrerie parmi les plus riches au monde. À côté, la place Rouge déploie son immense rectangle, fermé à une extrémité par les bulbes colorés et tournoyants de Saint-Basile, plus étrange et plus petit à l'intérieur qu'on ne l'imagine : un dédale de chapelles peintes étroites plutôt qu'une nef. Ajoutez les icônes et la peinture du XIXe à la galerie Trétiakov, le musée Pouchkine, les parcs Gorki et Zariadié le long de la rivière, et une scène culinaire où la cuisine géorgienne est aussi moscovite que la russe. Une chose à savoir avant toutes les autres : le voyage se prépare entièrement en espèces.
Découvrir Moscou
Le métro, exactement l'inverse du nôtre
Le métro de Moscou est une attraction à part entière et la moins chère de la ville. Là où Paris a conçu un réseau utilitaire, carrelage blanc et fonction avant tout, les stations des premières lignes moscovites ont été bâties comme des salles publiques : lustres et voûtes à caissons à Komsomolskaïa, vitraux rétroéclairés à Novoslobodskaïa, figures de bronze blotties sous les arcades à Plochtchad Revolioutsii, plafonds de mosaïque le long de la ligne circulaire qu'il faut s'arrêter pour regarder. La méthode pratique : prendre la ligne circulaire brune, descendre à chaque station qui vous intrigue, parcourir le quai, remonter dans la rame suivante. Un seul titre de transport, une heure environ, et vous aurez vu plus de marbre et de mosaïque que dans bien des musées. Évitez les heures de pointe.
Le Kremlin et la place Rouge
Le Kremlin est une enceinte et non un édifice, et le billet qui compte donne accès à la place des Cathédrales qu'elle referme : un groupe serré d'églises blanches à coupoles dorées et argentées, aux intérieurs sombres de fresques et d'iconostases, avec le clocher, une cloche géante fêlée et un canon qui n'ont jamais servi. L'Armurerie se paie à part et mérite qu'on lui réserve du temps : regalia, carrosses, armes d'apparat, trônes et orfèvrerie sertie y forment un ensemble extraordinaire, avec entrée à heure fixe. Hors les murs, la place Rouge est tout simplement immense, et Saint-Basile, à son extrémité sud, se visite : l'intérieur est un dédale de chapelles peintes étroites, ce que presque personne n'anticipe.
Les grandes collections
La galerie Trétiakov est celle à privilégier si vous n'en faites qu'une : l'art russe des icônes médiévales — dont des œuvres attribuées à Roublev — jusqu'à la peinture réaliste du XIXe siècle qui a façonné la façon dont le pays s'est représenté. Sa branche moderne, sur Krymski Val, conserve le XXe siècle, avant-gardes comprises. Le musée Pouchkine des beaux-arts couvre le canon européen et détient un solide ensemble impressionniste et postimpressionniste. L'un comme l'autre demandent une demi-journée plutôt qu'une heure. Pour quelque chose de plus léger, le musée de la Cosmonautique, sous le monument à la fusée en titane de VDNKh, est remarquablement fait et plaît à ceux qui n'aiment pas les musées.
Les parcs, la rivière et la vue depuis les collines
Le parc Gorki a été refait il y a quelques années : de fête foraine, il est devenu un parc de bord de rivière bien dessiné — pistes cyclables, terrasses, quai agréable à parcourir en toute saison et transformé en patinoire l'hiver. Près de la place Rouge, Zariadié est le plus récent, paysagé selon les milieux naturels russes, avec une passerelle de béton incurvée qui s'avance au-dessus de la rivière sans appui sous sa pointe : c'est la meilleure vue gratuite sur le Kremlin et l'eau. Pour le grand panorama, la plateforme des monts des Moineaux embrasse toute la ville, la flèche de l'université dans le dos, et des croisières fluviales desservent le centre du printemps à l'automne.
Couvents, domaines et le Moscou plus calme
Au-delà du centre, la ville conserve des ensembles monastiques clos de murs qui comptent parmi ses lieux les plus beaux et les moins fréquentés. Novodievitchi est le plus accompli : murailles de brique blanche et rouge, bouquet de tours, et un étang qui reflète l'ensemble — la vue que Levitan et d'autres ont peinte. Kolomenskoïe, plus loin sur la rivière, est un ancien domaine royal devenu parc, avec une saisissante église blanche à toit en bâtière parmi les édifices les plus anciens et les plus originaux de la région. Tsaritsyno, au bout d'une ligne de métro, déploie un vaste parc paysager autour d'un ensemble palatial néogothique. Les trois font d'excellentes demi-journées quand le centre devient trop.
Le service à la russe, et ce qu'on mange vraiment
Une note qui parlera à cette table : le service à la russe, c'est-à-dire les plats apportés l'un après l'autre dans l'ordre du menu, a été adopté par la restauration française au XIXe siècle et s'est imposé partout depuis — vous dînez dans cette convention chaque soir sans en connaître l'origine. Sur place, la cuisine russe vaut mieux que sa réputation quand on commande ce qu'elle réussit : pelmeni et vareniki, blinis à la crème aigre et, si le cœur vous en dit, aux œufs de saumon bien moins chers que le caviar, marinades en tous genres, hareng sous son manteau de betterave, et des soupes qui sont des repas — bortsch, soliánka. La découverte, pourtant, est géorgienne : khatchapouri fondant et khinkali qu'on saisit par le nœud.
Pratique : espèces, distances et saisons
Deux réalités pèsent plus que n'importe quel monument. L'argent d'abord : les cartes émises à l'étranger ne fonctionnent pas ici — ni en boutique, ni au restaurant, ni au distributeur, ni via un portefeuille de téléphone qui leur serait rattaché. Apportez la totalité de votre budget en euros ou en dollars, en espèces, changez par étapes dans des bureaux officiels ou en banque plutôt que dans la rue, et gardez de petites coupures pour les taxis, les marchés et les transports. Les distances ensuite : la ville est très vaste, raisonnez par ligne de métro et non par distance sur la carte, et comptez toujours plus long qu'il n'y paraît entre deux monuments. La saison compte aussi — de mai à septembre, doux et très lumineux ; l'hiver, rude mais franchement beau.
Ma carte bancaire fonctionnera-t-elle à Moscou ?
Non. Les cartes de crédit et de débit émises à l'étranger ne fonctionnent nulle part dans le pays — ni en boutique, ni au restaurant, ni à l'hôtel, ni au distributeur, ni via un portefeuille de téléphone qui leur serait rattaché. C'est le point autour duquel tout le séjour se planifie, et les voyageurs qui arrivent en pensant qu'un distributeur les dépannera se retrouvent réellement bloqués. Apportez la totalité de votre budget estimé, avec une marge généreuse, en espèces, en euros ou en dollars. Changez par étapes dans des bureaux officiels ou au guichet bancaire plutôt que dans la rue, gardez de petites coupures, et répartissez l'argent plutôt que de tout porter ensemble.
Le métro vaut-il vraiment la visite ?
Oui, franchement, et c'est la meilleure chose de la ville pour le prix d'un trajet. Là où Paris a bâti un réseau utilitaire, Moscou a conçu ses premières stations comme des salles publiques : lustres et voûtes à caissons à Komsomolskaïa, vitraux rétroéclairés à Novoslobodskaïa, bronzes sous les arcades à Plochtchad Revolioutsii, plafonds de mosaïque le long de la ligne circulaire. La méthode efficace consiste à emprunter cette ligne circulaire, descendre dès qu'une station paraît intéressante, parcourir le quai et reprendre la rame suivante. Une heure suffit à un bon échantillon, de préférence hors des heures de pointe.
Combien de jours prévoir ?
Trois journées pleines constituent un minimum raisonnable, quatre valent mieux. Une journée part au Kremlin et à la place Rouge, l'Armurerie en absorbant à elle seule une bonne part. La deuxième couvre la Trétiakov ou le Pouchkine, plus un circuit d'architecture dans le métro. La troisième laisse les parcs et la rivière, ou l'un des couvents clos comme Novodievitchi. L'échelle de la ville joue contre la compression : les distances sont grandes et les trajets prennent du temps même en métro, si bien qu'un programme confortable sur le papier paraîtra serré sur le terrain.
Quelle saison choisir ?
De mai à septembre, réponse simple : temps doux à chaud, jours très longs au cœur de l'été, vie des parcs à son meilleur et croisières fluviales en service. La fin du printemps et le début de l'automne sont les fenêtres idéales pour marcher. L'hiver est rude et il faut le dire franchement : jours courts, froid dur, verglas au sol. C'est aussi, pour qui est équipé, une période réellement belle — neige sur les coupoles, patinoires dans les parcs, et une ville organisée pour continuer de fonctionner plutôt que pour s'interrompre. De vraies bottes et des vêtements en couches ne sont pas facultatifs.
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