Égypte · Alexandrie

Alexandrie, Égypte : la Méditerranée, la bibliothèque et la corniche

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  • Population :5,4 M (2023)
  • Superficie:2 523 km²
  • Altitude:-1 m
  • Fuseau horaire :EET (UTC+2)
  • Monnaie :La livre égyptienne. La carte passe dans les hôtels, les grands restaurants et le complexe de la bibliothèque, mais les espèces restent la règle pour les taxis, le tramway, les marchés, la rue et les petits cafés : gardez des petites coupures. Les distributeurs sont nombreux dans les quartiers centraux et le long de la corniche ; retirez avant de descendre vers Anfouchi et les vieux quartiers.
  • Quartiers clés :Le centre et Raml Station — cafés et nœud des tramways · Anfouchi — le vieux quartier derrière le fort et le marché aux poissons · Stanley et Roushdy — front de mer, baies et ponts · Montaza — les jardins du palais, à l'extrémité est

Aperçu

Alexandrie est la ville méditerranéenne de l'Égypte et sa deuxième ville — une longue corniche face au large, une bibliothèque moderne posée sur une idée antique, et une cuisine de poisson qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le pays.

Culture

Alexandrie est la ville du poisson en Égypte et ne mange comme nulle part ailleurs dans le pays. L'usage veut qu'on choisisse sa pièce sur la glace à l'entrée puis qu'on précise la cuisson — sur les braises, frite, ou en croûte de sel, qui est la spécialité locale — le poisson revenant accompagné de petites salades, de tahina et de pain, sans qu'on ait à les commander. Bar, dorade, rouget, crevettes et calamars composent l'ordinaire. La rue a ses classiques : sandwich de foie frit au pain épicé et échoppes spécialisées dans la seule saucisse, qui se mangent debout. Le centre conserve enfin de vieilles pâtisseries aux salles hautes de plafond, inchangées depuis des décennies, où l'on s'assied volontiers une heure. Festivals : Festival du film méditerranéen d'Alexandrie, à l'automne, Les soirées de ramadan sur la corniche, dates mobiles, Cham el-Nessim, pique-niques de printemps, le lundi suivant la Pâque copte, Saisons de concerts d'été à la bibliothèque et à l'opéra. Musées : La Bibliotheca Alexandrina, ses antiquités et ses manuscrits, Le musée Cavafy, Le Musée gréco-romain, Le Musée des bijoux royaux.

Infos pratiques

Sécurité : Alexandrie se parcourt sans difficulté et la vigilance urbaine ordinaire y suffit : surveillez vos affaires dans les marchés denses et les tramways bondés, et attendez-vous à une sollicitation insistante mais bon enfant autour des sites. Le vrai danger est la circulation : traverser la corniche demande de la patience puis un pas décidé, l'hésitation étant plus risquée que la traversée, et la priorité au piéton reste théorique. La mer est tentante mais les courants au large sont forts et la surveillance irrégulière hors des baies aménagées. La tenue est plus couvrante que dans les stations de la mer Rouge : hors des plages, et surtout aux abords des mosquées, une mise discrète est appréciée. Langue : L'arabe, avec un accent alexandrin marqué. L'anglais est courant dans les hôtels, à la bibliothèque et partout où passent les visiteurs. Le français tient ici une place réelle et actuelle — enseigné dans plusieurs établissements, soutenu par un institut culturel, audible dans la rue — ce qui fait d'Alexandrie la ville d'Égypte la plus accessible à un francophone. Monnaie : La livre égyptienne. La carte passe dans les hôtels, les grands restaurants et le complexe de la bibliothèque, mais les espèces restent la règle pour les taxis, le tramway, les marchés, la rue et les petits cafés : gardez des petites coupures. Les distributeurs sont nombreux dans les quartiers centraux et le long de la corniche ; retirez avant de descendre vers Anfouchi et les vieux quartiers.

Voyage

Alexandrie appartient à notre mer. C'est la clé du lieu pour un voyageur venu de France, de Belgique ou de Suisse : on n'y débarque pas dans l'Égypte des sables mais dans un port méditerranéen, le même bassin que Marseille ou Naples, la même lumière, le même poisson grillé, et un hiver qui pleut pour de bon. La ville se déroule sur des kilomètres le long d'une corniche incurvée au-dessus du port oriental, et c'est précisément ce décalage qui la rend surprenante : de l'Égypte, sans le désert. Fondée au IVe siècle avant notre ère et portant le nom de son fondateur, Alexandrie fut la grande capitale intellectuelle de l'Antiquité, et les deux choses pour lesquelles elle est restée célèbre sont justement celles que l'on ne peut pas voir : le phare et la bibliothèque ont disparu l'un comme l'autre. Ce qui les remplace fait tout l'intérêt. Sur les fondations du phare se dresse le fort de Qaitbay, du XVe siècle, bâti en partie de ses pierres tombées. Au bord de l'eau, la Bibliotheca Alexandrina, ouverte en 2002, dresse un immense disque de granit incliné vers la mer, gravé de caractères empruntés aux écritures du monde entier, au-dessus d'une salle de lecture étagée sur onze niveaux. Entre les deux, la ville est stratifiée et sans apprêt : catacombes romaines creusées sur trois étages, petit théâtre de marbre, mosquées et églises à quelques rues les unes des autres, et de vieux tramways qui ferraillent encore vers l'est.

Le détour que les voyageurs français ne font pas

L'Égypte est une destination majeure pour cette famille de lecteurs, mais presque toujours sous deux formes : la croisière sur le Nil, de Louxor à Assouan, ou la mer Rouge et ses hôtels de plongée. Alexandrie, elle, se fait sauter — trop au nord du circuit, pas assez pharaonique. C'est une erreur d'itinéraire facile à corriger : la ville est à quelques heures de train du Caire, elle offre exactement ce que les deux autres formules n'ont pas — une vraie ville où l'on marche, un climat tempéré, une cuisine de port — et deux jours suffisent à l'apprécier. Ajoutée en début ou en fin de voyage, elle change l'équilibre d'un séjour égyptien : on en revient avec une ville en plus, pas seulement des monuments.

La Bibliotheca Alexandrina

La bibliothèque moderne justifie à elle seule le déplacement. Le bâtiment principal est un disque colossal incliné vers la mer, dont le mur extérieur de granit est gravé de caractères empruntés aux systèmes d'écriture du monde entier, et qui abrite une salle de lecture unique dévalant onze niveaux en gradins — l'un des grands intérieurs construits dans le monde depuis le début du siècle. C'est une bibliothèque de recherche en activité et non la reconstitution de l'ancienne : le geste est de répondre à la perte, pas de la commémorer. Le complexe accueille des expositions temporaires, un planétarium et plusieurs petits musées, dont un d'antiquités et un consacré aux manuscrits. Comptez une demi-journée si les expositions vous retiennent.

Le fort de Qaitbay, et le phare qui n'est plus là

À la pointe ouest du port oriental, le fort de Qaitbay occupe l'emplacement exact du phare d'Alexandrie, l'une des sept merveilles du monde antique, effondré au fil d'une série de séismes au Moyen Âge. La forteresse du XVe siècle qui lui a succédé a été bâtie en partie avec ses pierres, et l'on repère dans les murs des blocs manifestement réemployés. Le bâtiment lui-même est compact et agréable à parcourir, la mer sur trois côtés et toute la courbe de la corniche visible depuis les remparts. Des plongeurs ont relevé au fond du port un semis de colonnes et de blocs dont une partie est attribuée au phare.

La corniche, les tramways et la forme de la ville

Alexandrie tient dans une ligne : une route de front de mer qui court sur toute la longueur de la ville, et tout le reste accroché à elle. Marcher un tronçon de corniche en fin d'après-midi, quand la lumière tourne à l'or et que la ville entière vient s'asseoir sur le parapet, reste la chose la plus juste à faire ici. Derrière, un vieux réseau de tramways dessert encore les quartiers est — lent, bringuebalant, très bon marché, et bien meilleur qu'un taxi pour voir l'Alexandrie ordinaire. À l'extrémité orientale, les jardins du palais de Montaza et les petites baies autour de Stanley et de son pont fournissent les plages de la ville, bondées l'été, désertes l'hiver.

Catacombes, théâtre et colonne — la ville antique

Ce qui subsiste de l'Alexandrie antique est dispersé et surtout souterrain. Les catacombes de Kom el-Chogafa sont le site le plus saisissant : un ensemble funéraire d'époque romaine creusé sur trois niveaux, desservi par un escalier en spirale autour d'un puits, avec des chambres sculptées où l'imagerie égyptienne et l'imagerie classique cohabitent dans un même relief. À Kom el-Dikka, en plein centre, les fouilles ont dégagé un petit théâtre romain de marbre blanc accompagné de salles de cours et de thermes — un site compact, une heure suffit. La colonne dite de Pompée, énorme fût de granit, se dresse un peu plus loin sur une hauteur, entourée de sphinx et des vestiges d'une enceinte sacrée.

Le poisson, et la raison d'y dormir une nuit

Alexandrie ne mange pas comme le reste de l'Égypte, et la nuance n'est pas mince. L'usage est de choisir soi-même son poisson sur la glace, à l'entrée du restaurant, puis de dire comment on le veut — grillé sur les braises, frit, ou cuit en croûte de sel, la spécialité locale — et de le voir revenir accompagné d'une nuée de petites salades, de tahina et de pain. Bar, dorade, rouget, crevettes et calamars font l'ordinaire. À côté du poisson, la ville a sa rue à elle : les sandwichs de foie frit dans un pain épicé, et les échoppes qui ne font que le sandwich à la saucisse. Les vieilles pâtisseries du centre servent toujours café et gâteaux dans des salles hautes de plafond que personne n'a redécorées depuis des décennies.

Une ville en strates, où le français s'entend encore

La population d'Alexandrie compte de longue date des communautés grecque, italienne, arménienne et levantine, et leur empreinte est dans la rue plutôt qu'au musée : immeubles à balcons persiennés et garde-corps de fer, églises de plusieurs rites à quelques pas de grandes mosquées, enseignes en plusieurs alphabets. L'appartement du poète Constantin Cavafy, au centre, est conservé en petit musée et reste le meilleur endroit pour sentir cette stratification. Le français y tient par ailleurs une place réelle et actuelle — enseigné dans plusieurs établissements, porté par un institut culturel, audible dans la rue — ce qui fait d'Alexandrie la ville d'Égypte où un francophone se pose le plus facilement.

Y aller, s'y déplacer, et quand venir

On arrive presque toujours du Caire, et le train est la bonne façon de le faire : quelques heures de trajet direct, en privilégiant les services rapides sur les omnibus. L'aéroport de la ville, à l'ouest, ne reçoit qu'un choix limité de vols régionaux : depuis l'Europe on transite donc par Le Caire. Sur place, les taxis sont partout et restent bon marché pour un visiteur, à condition de convenir du prix d'avance ; le tramway est plus lent mais c'est une expérience en soi. Les saisons comptent ici plus qu'ailleurs en Égypte : l'été est chaud et saturé de vacanciers égyptiens, l'hiver doux, gris et franchement pluvieux, et le printemps comme l'automne l'emportent largement.

Questions fréquemment posées

Faut-il ajouter Alexandrie à un voyage en Égypte ?

Oui, et c'est précisément la ville que les itinéraires français oublient. Les deux formules dominantes — la croisière sur le Nil et la mer Rouge — offrent des monuments et des fonds sous-marins, mais aucune ville où l'on marche. Alexandrie apporte cela : une corniche, un climat méditerranéen tempéré, une cuisine de port, et une bibliothèque moderne qui compte parmi les plus beaux intérieurs bâtis depuis le début du siècle. Ce n'est pas une destination pharaonique — le phare et la bibliothèque antique ont tous deux disparu. Venez pour l'atmosphère, la mer et la table, les sites romains venant en supplément.

Combien de temps y rester ?

Deux jours suffisent confortablement : une journée pour la bibliothèque, le fort de Qaitbay et une longue marche sur la corniche, une seconde pour les catacombes, le théâtre romain, la colonne de Pompée et l'appartement de Cavafy — avec un vrai déjeuner de poisson dans chacune. L'aller-retour dans la journée depuis Le Caire se pratique beaucoup, mais le train aux deux bouts écrase l'après-midi et vous fait manquer le soir, qui est le meilleur moment de la ville. Dormir une nuit sur place change réellement la nature du séjour.

Quelle est la meilleure saison ?

Le printemps et l'automne, sans grande concurrence. Alexandrie a un climat méditerranéen et non désertique : l'hiver y est doux mais gris et franchement pluvieux — une corniche sous l'averse perd beaucoup — tandis que l'été est chaud et saturé de vacanciers égyptiens, ce qui fait monter les hébergements et remplit toutes les plages. Avril, mai, septembre et octobre offrent l'air marin tiède, des températures praticables pour marcher d'un site à l'autre, et une ville qui appartient à ses habitants plutôt qu'à la saison touristique intérieure.

Comment commander le poisson comme un habitant ?

Présentez-vous à l'entrée du restaurant, où la pêche du jour est étalée sur la glace, et désignez la pièce que vous voulez : elle se vend au poids et l'on attend de vous que vous regardiez plutôt que vous commandiez sur une carte. Précisez ensuite la cuisson — sur les braises, frite, ou en croûte de sel, qui est la spécialité et mérite d'être essayée au moins une fois. Le poisson arrive avec un assortiment de petites salades, de tahina et de pain que vous n'avez pas à demander. Bar, dorade, rouget, crevettes et calamars sont les choix courants, et demander ce qui est rentré le matin même est parfaitement normal.

Ces informations proviennent de la base des missions de Visaja (visaja.com), recoupée avec les sources gouvernementales officielles ; en cas de doute, c'est la représentation elle-même qui fait foi.