Santé et sécurité
Santé et sécurité au Canada : les vrais points d'attention
Le Canada est un pays réellement sûr pour voyager, à presque tous les égards, mais une poignée de points prennent les visiteurs au dépourvu précisément parce qu'on les sous-estime facilement : les rencontres avec la faune, un système de santé qui fonctionne tout autrement pour les touristes que pour les résidents, et une eau et un froid plus froids qu'ils n'en ont l'air.
Mis à jour : 2026-09-19
Les ours : un ours noir et un grizzli, deux rencontres différentes
L'ours noir et le grizzli, tous deux présents dans les Rocheuses et dans une grande partie de la Colombie-Britannique, appellent des réactions réellement différentes en cas de rencontre, et confondre les consignes propres à chacun est un vrai risque, pas un détail. Face à un ours noir, la consigne habituelle est de faire du bruit, de tenir bon et de paraître grand ; face à un grizzli, faire le mort — étendu à plat au sol, en gardant son sac sur le dos — peut être la réaction la plus sûre lors d'une attaque défensive, car se défendre tend à aggraver l'agressivité d'un grizzli, ce qui n'est pas le cas avec un ours noir. Le vaporisateur chasse-ours — un gaz poivré spécialisé à forte concentration, porté dans un étui facilement accessible et non enfoui au fond du sac — fait partie de l'équipement de base pour la randonnée sérieuse en pays d'ours, et savoir s'en servir avant d'en avoir besoin compte davantage que le simple fait d'en posséder un. Dans les campings et sur les sites de camping sauvage, la nourriture, les articles de toilette et tout ce qui dégage une odeur passent la nuit dans des casiers à l'épreuve des ours ou suspendus bien à l'écart des tentes : une habitude qui protège à la fois les visiteurs et les ours eux-mêmes, car un ours qui apprend qu'un camping signifie de la nourriture doit souvent être déplacé ou abattu.
Les soins ne sont pas gratuits pour les visiteurs, quoi qu'on en dise
Le célèbre système de santé universel du Canada couvre les citoyens et les résidents permanents, pas les visiteurs étrangers, ce qui surprend réellement les voyageurs persuadés que la « gratuité des soins » s'applique aussi à eux. Les visiteurs étrangers sont facturés directement pour leurs soins médicaux, et au-delà d'une simple consultation en clinique — un passage aux urgences, une hospitalisation, un transport en ambulance —, la note peut atteindre des milliers de dollars sans assurance. Une assurance voyage complète couvrant les frais médicaux est ici une vraie nécessité, pas une option, et il vaut la peine de vérifier qu'elle couvre les activités prévues, certaines polices excluant sans avenant les pratiques plus risquées comme la randonnée en arrière-pays ou les sports d'hiver. Le numéro d'urgence est le 911 dans tout le pays ; il fonctionne comme aux États-Unis et peut être composé depuis n'importe quel téléphone, y compris sans forfait actif.
Pourquoi les plus beaux lacs sont aussi les plus dangereux
Les lacs turquoise alimentés par les glaciers, qui font une grande partie du visage des Rocheuses — le lac Louise, le lac Moraine et d'autres —, restent dangereusement froids même au cœur de l'été, car leur couleur et leur limpidité viennent directement d'une eau de fonte glaciaire qui ne se réchauffe jamais vraiment. Le choc thermique en eau froide, lorsqu'une immersion soudaine dans une eau proche du gel déclenche une inspiration réflexe involontaire et peut neutraliser en quelques minutes même un bon nageur, est un vrai risque pour quiconque cède à la tentation d'une baignade estivale dans une eau qui paraît parfaitement engageante depuis la rive. Le kayak ou le canot sur ces lacs est en général sans danger avec des précautions de base — un gilet de sauvetage bien ajusté et l'attention aux changements de temps soudains —, mais toute chute dans l'eau doit être traitée comme une véritable urgence, qui impose d'en sortir immédiatement, et non comme une baignade rafraîchissante.
Le risque du grand froid, dans le Grand Nord ou en hiver
Un voyage dans le Grand Nord à la poursuite des aurores boréales, ou tout déplacement hivernal ailleurs que sur le littoral même, comporte un vrai risque de gelures et d'hypothermie, facile à sous-estimer quand l'itinéraire consiste à rester dehors la nuit pendant des heures dans l'attente d'une aurore. Des vêtements superposés conçus spécialement pour le froid extrême — et non l'équipement d'hiver urbain ordinaire —, la protection de toute peau exposée et la limitation du temps passé dehors sans interruption comptent ici plus que presque partout ailleurs sur un itinéraire canadien classique. Les sorties guidées d'observation des aurores, courantes à Yellowknife et à Whitehorse, fournissent ou recommandent vivement un équipement adapté au froid, précisément parce que les visiteurs venus de climats plus doux sous-estiment régulièrement ce qu'exigent réellement des nuits à moins 30 degrés.